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Autrefois particulièrement utile pour la mine de Gardanne

L'avenir de la galerie de la Mer

par Jean Tribotté
 

Elle aurait pu être laissée à l'abandon après l'arrêt de l'exploitation du charbon en février 2003.

 

Multiples usages

Pour votre information, cette galerie qui, sur sa partie marseillaise se compose d'une galerie supérieure et d'une galerie inférieure, a été utilisée pour un passage d'eaux usées, une canalisation d'eau chaude en provenance de la centrale de chauffe ou le refroidissement des installations de la sucrerie Saint Louis Sucre.

 Sécurisation

Toutefois, comme il fallait sécuriser les centaines de kilomètres de galeries souterraines qui sillonnent une partie de la Provence et éviter des effondrements à risque pour les populations résidant en surface, plusieurs projets ont été examinés. C'est l'ennoiement qui a été retenu, avec l'utilisation de la "galerie de la mer" et des travaux de consolidation ont été mis en œuvre.

 Nouveaux aménagements

A partir de mars 2003, les Charbonnages de France ont vidé la mine des matériels et substances qui risquaient d'entraîner une pollution des eaux. Des aménagements étaient nécessaires. Ils ont été réalisés, à partir de 2005, avec un tubage de la galerie où un tuyau de 550 mm relie le site de Biver à la mer, en passant par le Cap Pinède.

Pour ne pas répéter les errements du passé et ne plus déverser de grandes quantités d'eaux noires dans le port de Marseille, le tube a été prolongé, au-delà de la digue de protection, jusqu'en limite de la fosse où ces eaux exhaures en provenance de la mine sont désormais déversées.

 Ferrugineuses

Dans la mine, à la cote + 18 m dans le puits Gérard, une station de pompage qui comporte 4 pompes a été installée. Afin de respecter un niveau de surverse à la cote moins 200 m préalablement déterminé pour assurer une zone souterraine dite sèche, cette eau est régulièrement évacuée par le tube de la "galerie de la mer" depuis le 8 août 2010.

Malgré l'important travail de démontage et d'évacuation du matériel minier, les eaux qui remplissent les galeries de la mine sont extrêmement ferrugineuses et le niveau de ces eaux qui monte, à raison de 30 centimètres par jour, est en passe d'atteindre la surverse. La mer va recevoir au moyen des pompes le surplus d'une eau qui n'aura plus de contacts avec l'air. Ainsi, l'hydroxyde de fer ne donnera pas cette couleur orangée à l'eau évacuée au rythme de 950 m3 par heure.

Maintien en activité assuré

A partir du Cap Pinède, ce sont trois forages de 830 mètres de long et de 350 millimètres de diamètre qui, par 30 mètres de profondeur, vont alimenter une quarantaine de diffuseurs. Des contrôles qualitatifs sont régulièrement effectués et, pour l'instant, les ingénieurs ne constatent pas de dépôt de sédiments ni d'impact sur la faune et la flore marine locale.

Cependant, des constats effectués et compte tenu de la vitesse avec laquelle les eaux montent, les pompes vont être prochainement remplacées pour assurer une évacuation de 1200 m3 par heure.

Lorsque les oxydes et résidus divers, c'est à dire entre 2020 et 2030, auront été lessivés, l'eau de la mine, d'infiltration et de source s'évacuera naturellement par la galerie.

Ainsi, le maintien en activité de la "Galerie de la mer" est assuré. C'est le BRGM qui gère, pour le compte de l'État français, l'entretien de la galerie, des installations et la surveillance d'impact sur le milieu marin.

En effet, cette eau de la mine, dans des projets qui sont encore à finaliser, pourra servir à l'agriculture locale, aux industriels, aux municipalités pour l'entretien des parcs et jardins ou après traitement, à l'alimentation en eau de la population. Cela pourrait limiter la perte en mer, d'une eau précieuse pour la vie, par simple gravitation tout au long de la galerie, chef-d'œuvre de la fin du 18e siècle auquel nous souhaitons longue vie.

Mais ce n'est pas son seul usage puisque des tuyauteries d'eau chaude destinée à des logements et en provenance de la centrale de chauffe empruntent son tracé. La SEM continue d'y avoir un droit de prélèvement d'eau claire afin de subvenir à d'éventuels besoins marseillais, consécutifs à la pollution des eaux du Verdon ou de la Durance. Sage précaution qui n'a semble-t-il jamais été utilisée.

Saint Louis Sucre a passé une convention d'une durée indéterminée afin de pouvoir y prélever une eau claire pour le refroidissement des installations de sa raffinerie de sucre. Aux termes de cet accord, elle peut prélever régulièrement 780 m3 par heure pour n'en restituer que 660 m3/heure. En pointe, son prélèvement peut être porté à 1500 mètres-cube par heure.

*

Vous avez, peut être au fil du temps, découvert des aspects de cette eau et de ses moyens qui lui permettent de circuler en surface et dans le sous-sol simianais et je vous remercie de l'attention que vous y avez apportée.

Jean Tribotté
 

 

Cf. le blog de Jean Tribotté : http://jtribs.blogspot.com

© Jean Tribotté et Simiane Demain.
 

Arrivée des eaux près de la recette Biver

Débordement en hautes eaux

Recette +18 Puits Gérard


Captage des eaux de la SEM

(Photos BRGM-DSA)
 


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