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Articles dans la série

Histoire et...histoires de l'eau à Simiane (7)
Le ruissellement
par Jean Tribotté
 

Nos sources se tarissent et les vallats ne coulent plus à longueur de temps, mais par intermittence

            Vallat des Mourgues (Photos J.T. Droits réservés)

Vous avez pu lire les noms des vallats qui traversent le territoire de la commune, le vallat des Babols, le vallat des Platrières, le vallat du Rajol ou le vallat de Siège. Il s'agit d'un lit principal qui par temps de pluie, collecte les eaux de ruissellement de nombreux petits vallons et de la bonne vingtaine de sources qui existaient sur la commune.

Un site beau en toutes saisons

Comme vous avez pu le constater, les sources se tarissent et les vallats ne coulent plus à longueur de temps, mais par intermittence.

Le vallat des Babols, à l'est, est la résultante de la rivière du Pilon et du bassin de collecte des eaux qui englobe le domaine des Marres. Il passe par la cascade de la Roque, superbe ensemble de canyons et de marmites creusés par l'eau dans la roche.

Ce site est beau en toutes saisons, avec ses bassins d'eau claire car si l'eau ne tombe plus du haut de la cascade qu'en de rares occasions, elle suinte en permanence et il n'est pas rare, en janvier, d'y découvrir de longues et grosses stalactites.

Les sources des Marres, du Chat, de la Grille et de la Roque ne l'alimentent plus. Elles sont taries. Dans sa partie inférieure, la source Servan, protégée avec l'installation d'un siphon sous le canal a été coupée lors d'aménagements immobiliers, la source de Valfrais, dont le filet d'eau ressemble à un goutte à goutte, ne lui apporte guère d'eau, et la source des Journaliers, au verre suspendu à ses lèvres, est tarie.

A la source du Cimetière, tarie depuis une vingtaine d'années, la surverse du bassin tombe dans un regard d'où une canalisation de terre cuite rejette l'eau dans le vallat des Babols. Une galerie s'enfonce sous la route pour atteindre le captage de nos ancêtres.

Le temps des éoliennes

Seule la source Thomas, au-dessus de Gadie, est encore en mesure de l'alimenter d'un débit régulier.

Le plus souvent, c'est l'eau du canal du Verdon qui, par un bief de délestage situé au niveau de l'aqueduc des Figassons, lui permet d'être en eau.

Où est le temps des éoliennes (moulins à vent) et des norias qui jalonnent son cours ? Il ne reste que des vestiges visibles depuis la route de Mimet ou le long du chemin du Gour de Ferrier.

Le vallat des Plâtrières

Il reçoit l'eau en provenance du massif de Sainte-Magdelaine, du hameau des Frères, de Pignan, des Putis, des Platrières, de l'Encouven et de la colline du Poulet.

Les sources captées de l'Encouven et de la Pible lui restituent un peu d'eau, ainsi que les nombreux puits du bassin versant. Par moins six ou sept mètres, l'eau est encore présente dans tout ce secteur. Pour combien de temps ?

Ce vallat traverse le village en souterrain car, au fil du temps, il a été recouvert depuis la place du Lavoir jusqu'à la Dame d'argent, englobant dans sa dernière extension le pont des Bohémiens.

Ce lavoir, construit en 1843, a été préservé mais enterré sous un bâtiment afin de permettre la réalisation de la place. Cette traversée a nécessité des ouvrages importants. C'est ainsi que sous la place du Lavoir ou rue Manéra, le tunnel permet à l'homme de se déplacer.

Un petit tunnel, sous la rue Fontfiguière, reçoit les eaux du vallat de la Loube dont le débit a été fort réduit après la création du canal du Verdon. Un autre tunnel, en provenance de l'ancien château et véhiculant parfois de l'eau, le rejoint avenue Guigon, dans un autre ouvrage qui est un véritable pont-carrefour permettant en surface, la circulation automobile au coeur de Simiane.

A la sortie, sur le Petit chemin de Bouc, ce vallat prend le nom de vallat des Mourgues. Aux abords de son lit, se trouvait une noria dont il ne reste que la protection du puits.

Le vallat des Rajols

Il était alimenté par une source, aujourd'hui disparue, dont les bassins se trouvaient non loin des réservoirs de combustible, sur la route de Siège. Recouvert en raison de la construction de nombreux lotissements, il recevait toute l'eau véhiculée par les drains installés par les maraîchers.

Il retrouve l'air libre près de la gare où il coule régulièrement avant de traverser la ligne de chemin de fer par un étroit passage entièrement dallé de grosses pierres taillées au format. Ses eaux se perdent alors dans une ancienne noria dont les superstructures viennent d'être dégagées.

Le vallat de Siège, à l'ouest

Il résulte du drainage, des bassins versants de Jas de Feraud, Jas de Hoque, L'Eygrou, les Vallons et Jas-de-Clapier. Il draine aussi le ruisellement des Mérentiers et de la Galère.

Le réseau des petits vallons qui se situe autour de la partie supérieure du chemin de la Liberté est des plus humide. Si la source du Ventoir, à proximité du monument à la mémoire des Résistants, ne coule plus guère, un peu plus bas, le trou des Joncs est en eau, à longueur d'année.

Les chasseurs profitent de sa présence pour alimenter régulièrement des bachas (abreuvoirs artificiels) destinés, avec les agrainoirs, à maintenir du gibier en place.

A proximité de ce trou d'eau, le promeneur peut découvrir les vestiges d'une cascade qui n'est plus en eau qu'après de gros orages ou des pluies importantes de plusieurs jours. Toute l'eau de ce secteur converge vers Jean-le-Maître et le début du chemin de la Liberté. Là, dans l'angle aigu des deux chemins, une cascade révèle sa paroi moussue si l'on ose descendre au fond du vallon.

Revenant vers la carrière de marbre, ce vallat passe à proximité du Trou du Jonc où l'humidité est encore suffisante pour que des joncs y poussent.

Il croise ensuite un ouvrage important du canal du Verdon constitué d'un aqueduc de béton entièrement clos qui permet à l'eau du canal d'alimenter la cimenterie avant de finir sa course dans les réservoirs de Marseille Nord.

A la carrière de marbre, les agriculteurs de la plaine avaient installé, sous le chemin, un grand réservoir de brique rouge avec une martellière à crémaillère qui leur assurait une réserve d'eau maîtrisée.

L'ouverture de la vanne souterraine laissait partir de l'eau qui, par la cascade, reprenait le lit du vallat de Siège. Un peu plus bas, la source du Château-de-Gui assurait malgré ses captages un appoint non négligeable. Elle alimentait le lavoir à carottes démoli pour élargir l'entrée de l'ancien chemin de Marseille.

Délimitant le territoire de la commune, rasant de belles norias, ce vallat poursuit son cours en direction du Grand vallat de Bouc.

   

  De gauche à droite, cascades de la carrière et de Jean-le-Maître, et bas de celle de la Roque, en hiver

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Nous voici au terme de ce cycle Histoire et histoires de l'eau à Simiane qui, je le souhaite, vous aura intéressés. N'hésitez pas à me faire part d'éléments complémentaires.

Et puis, pour savoir d'où provient cette eau potable que l'ouverture d'un robinet permet d'obtenir si facilement aujourd'hui, lisez Les barrages de l'Infernet.

Jean Tribotté


 

Amis lecteurs, si vous ou des membres de votre famille disposez d'informations ou de documents susceptibles de compléter le contenu de cette série d'articles, merci de nous en faire part pour partager l'information avec tous les Simianais.

Cf. le blog de Jean Tribotté : http://jtribs.blogspot.com

Sources : Huguette Garrido et Archives nationales

© Jean Tribotté et Simiane Demain.

Source de la Roque

Valfrais

"Bar des journaliers"

Bassin-siphon aménagé à la source Servan

Source du Chat

Source de la Grille

Lencouven

Le trou aux joncs, l'Eygrou,

La source du Ventoir

  Noria Pally, aux Moulins-Loins




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