Gens de Simiane

© Simiane Demain 2010

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Roger Guigon
Un exemple pour tous ceux qui l'ont connu

Roger, authentique Simianais, comme son père était destiné à une carrière militaire. Avec la division Leclerc en cours de formation, il se retrouve en Angleterre en vue de la préparation du débarquement en Normandie. Courageux, téméraire jusqu'à l'abnégation, il est mort victime de la barbarie nazie (Ndlr. Les textes qui suivent datent de 1984).

Récit de Denis Oléon

Né le 13 janvier 1921, Roger était la résultante d'une longue et terrible guerre qui venait de secouer notre pays et dont les acteurs se trouvaient pour la plupart éparpillés aux quatre coins de l'hexagone. Pour sa part, Simiane possédait son " ambulance ", située alors route de Mimet, dans l'école qui reçoit actuellement (ndlr. : en 1984) le judo (voir photo en bonne place au secrétariat de mairie).

Et c'est pour cela que, victimes du coup de foudre dénommé soleil, aidé en cela par l'éclatante beauté de nos Provençales, nous retrouvons divers noms insolites, accolés aux noms courants de notre village. Pontier-Guigon, Lan Poisson, Mérentier, Pruvost, Mihière, Oléon, par exemple.

A Saint-Cyr, Aix-en-Provence

C'est ainsi que Roger, authentique Simianais, attaquait la vie. Son père, militaire de carrière suivait les garnisons, accompagné de Mme Guigon. Roger, lui, était destiné à une carrière militaire et, au hasard des diverses écoles, depuis son plus jeune âge, il atterrit finalement à Saint-Cyr, alors replié à Aix-en-Provence.

Il adorait son village, ses habitants, ses proches qui le lui rendaient bien. Quand même, deux personnages étaient pour lui tabous: sa grand-mère Hyacinthe Pontier - Fontana (La "Mère Pompon"), sa grand-mère maternelle, qui tenait le café face à la mairie (aujourd'hui cabinet médical) et qui distribuait à domicile les journaux, et la guerre de 1939 l'a quelque peu désarçonné. Les pékins étaient militaires et lui... à l'école.

Je puis vous assurer que ça ne collait pas, et malgré toutes les formes que l'on pouvait y mettre, il se fâchait en lui-même et faisait peine à voir; d'autant plus que Tonton Emile retournait tout jauni de la poudrerie de Saint-Chamas et que les poilus gardaient les voies. Roger avait alors une réaction qui le poussait à ne pas les éviter, il avait réussi à leur remonter le moral, ayant l'air de leur dire: ne vous en faites pas, la relève arrive.

Il m'a entretenu alors d'un projet qu'il avait de photographier et d'annoter les figures typiques du village. Je crois qu'il avait commencé mais, pour ma part, j'étais entré, dès le début, dans la guerre économique des « pékins », et trop occupé pour lui être d'aucun secours.

Le Maroc, Bizerte, l'Angleterre...

Puis, le Saint-Cyrien d'Aix-en-Provence, en octobre 42 sorti un des premiers avec comme choix la « coloniale » qu'il rejoint au Maroc, mi-octobre. Grièvement blessé, le 8 novembre 1942, il participe quatre mois après à l'offensive sur Bizerte avec le groupe franc d'Afrique. Il passe ensuite à la division Leclerc en cours de formation et se retrouve avec elle en Angleterre en vue de la préparation du débarquement en Normandie. Vous connaissez la suite...

Récit de Paul Ferréol

Paul Ferreol, alors sergent-chef, se trouvait aux côtés de Roger Guigon lorsque celui-ci a trouvé la mort à Dompaire. Ancien conseiller général, vivant à Aix-en-Provence, il a bien voulu nous apporter son témoignage par l'intermédiaire de Denis Oléon.

Raconter la mort du lieutenant Guigon, c'est raconter toute l'épopée de la division Leclerc, du débarquement en Normandie à la libération de Strasbourg. Le courage inconscient des hommes, la volonté de libérer un pays sous la botte d'un occupant employant tous les moyens pour avilir un peuple, ont permis à une poignée d'hommes de se battre avec la foi et la volonté qui rappelaient les grandes épopées de l'armée française.

Le lieutenant Guigon a été un exemple pour tous ceux qui l'ont connu. Le 13 septembre 1944 à Dompaire, au cours de combats particulièrement meurtriers, devant une force allemande supérieure en nombre et en matériel, il partit à la tête de sa section pour prendre un point fort tenu par les Allemands. Blessé au cours de l'accrochage, il est laissé à l'abri par ses hommes qui vont chercher de l'aide pour le secourir. Des brancardiers se précipitent et au moment où ils le sortent de son fossé, les Allemands impitoyables tuent Guigon et blessent les infirmiers.

Quarante ans après, le 13 septembre 1984, tous ceux qui ont participé à ces combats n'ont pu revenir en ces lieux sans penser qu'un homme courageux, téméraire jusqu'à l'abnégation, était mort victime de la barbarie nazie. Il peut être cité en exemple à toutes les générations, ce qui permet à un sacrifice de n'être jamais inutile.

Lou Gaiardet, septembre 1984

Très tôt, Simiane a rendu hommage à Roger Guigon en donnant son nom à l'une des principales voies du centre ville


 

 

Cérémonie du souvenir à Simiane
pour le quarantième anniversaire de la mort de Roger Guigon

 


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